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Il n'est pas un seul jour où le vocable ‘‘alchimie’’ ne soit utilisé – au sein de domaines différents – comme "label" de qualité, mais sans qu'il laisse pour autant la moindre résonance en nous... C'est à quelque chose près, la seule résurgence subsistant dans nos mémoires de l'art sacré d'Hermès... Le sujet est-il si peu digne d’attention ?...
Parmi plusieurs définitions (étymologiques ou non), celle qui consiste à estimer qu'il s'agit de "l'art de séparer le pur de l'impur", ou bien ce qui revient au même, de purifier la matière afin d'en extraire sa quintessence, n'est sans doute pas à négliger. Une autre question vient évidemment à l'esprit : Comment, et à l'aide de quels supports ?
L'extraction de ce germe (pure substance isolée après la désagrégation de la matière) qui sera longuement imbibé et mûri, devrait aboutir à l'obtention d'un élément si pur et concentré, qu'il communiquerait la perfection qu'il a reçue aux corps avec lesquels il serait mis en contact.
Nous savons que la première opération, thème essentiel de la littérature alchimique est une dissolution très particulière. Dans une violente et brève réaction calorifique, les matières (solides) seront liquéfiées canada-generic.com une sublimation (philosophique) qui en séparera tout en les amalgamant les principes subtils et purs. De la réussite de cette "volatilisation" dépendra le déroulement du Grand Œuvre.


La lecture d'un premier livre alchimique provoque généralement deux types de réactions :

  • La première consiste simplement à tourner définitivement la page !
  • La seconde est plus nuancée. Tout en estimant qu'il n'a pas compris grand chose à ce qu'il vient de lire, le lecteur occasionnel peut reconnaître malgré tout qu'après des siècles, voire des millénaires d'écrits et d'évocations, la science hermétique a droit à quelque considération supplémentaire ; pour le moins, prendre la peine de consulter d'autres ouvrages. Là, débutera une étape entrecoupée d'alternance de doutes certains et de rares certitudes...

Déjà, la création de fiches s'avèrerait nécessaire. On peut regretter que les auteurs du passé n'aient pas signalé un avertissement aussi simple qu'indispensable. Mais il est vrai que pour la plupart d'entre eux, il était quasiment impossible de comparer les écrits parallèles qui n'existaient pour les plus anciens que sous la forme de rares manuscrits dont ils n’avaient pas forcément connaissance…

Si ces recherches (éventuelles) n'ont pas trop émoussé l’entendement et la curiosité du futur chercheur, commencera alors pour lui un vrai parcours du combattant. Plusieurs alchimistes s'étant exprimés sur ce point, sont unanimes à reconnaître qu'ils ont erré longuement dans cette phase préliminaire, avant d'avoir pu envisager la pratique...

En effet, c'est à ce stade que commence généralement le véritable casse tête. Quelle instrumentation doit-on envisager : Ballons, cornues, creusets ?...
Quelle(s) matière(s) première(s) doit-on prospecter ? Il s'agit bien de déterminer le choix d'une "minière" et par extension, parmi quels métaux, minéraux, sulfates, voire acétates ?...
Rappelons que "la recherche alchimique ne se borne pas à l'acquisition d'une technique spéciale ou d'artifice particulier de laboratoire, sinon elle se réduirait à fort peu de chose et n'excéderait pas la valeur d'une simple formule" écrivait celui qui se dénommait Fulcanelli, il y a près de quatre vingt ans…
Ce tour d'horizon effectué, il deviendra évident qu'il manque encore (et surtout) au curieux, le maître d'œuvre le sel, dissolvant universel ou feu secret, sans lequel rien de positif ne peut-être entrepris.
Nouvelles recherches : Rosée, sels, acides ?... Dans le doute permanent, de nouvelles lectures ou relectures ne font qu'embrouiller les choix. Il manque encore simplement, la tournure d'esprit requise permettant de comprendre les paramètres qui la détermineront…


Plus que jamais, les fiches permettant de faire le point, deviennent indispensables !
Il est évident qu'il ne s'agit plus de manipuler au petit bonheur tel que l'affirment certains commentateurs...
Puis, vient enfin le moment précieux ou l'investigateur note un détail qui avait jusqu'alors échappé à sa perspicacité : Malgré la diversité des auteurs et des époques concernés, quelques concepts communs paraissent cependant les relier. De nouveau, mais avec plus de sérénité il lui faudra trier le bon grain de l'ivraie, le vrai du faux.
A ce niveau seulement de discernement, la compréhension commence à poindre. Mais en général, des années de recherches et d'incertitude se seront écoulées... Car les textes n’apparaissent plus limpides qu’après avoir compris, jamais avant ! ...


Parallèlement, un travail de fond a lentement émoussé certaines notions (sans doute erronées), remplacées en contrepartie par une nouvelle forme d'éveil empreint de reconnaissance devant la beauté permanente du spectacle que lui offre la nature, lui confirmant qu'elle régit et par les mêmes lois, l'objet de ses recherches. N'accomplit-elle pas dans sa simplicité, des ouvrages que l'esprit est incapable de concevoir? Ne le prouve-t-elle pas chaque jour aussi bien au paysan qu'au savant, au sage comme à l'ignorant ?

C'est cette même simplicité de la science sacrée qui la dérobe aux recherches des raisonnements trop subtils...
Deux vertus se sont développées : patience et surtout humilité. Sans elles, pas de clef permettant l'ouverture de la serrure du temple hermétique... Cette humilité augmentera au fur et à mesure qu'il prendra conscience qu'un Grand Architecte a tout ordonné et que dans chaque règne la vie évolue et se multiplie.
Pourquoi alors en avoir exclu un des trois règnes sous prétexte que cette influence n'y est pas visible, allant ainsi à l'encontre du principe même de la vie et de la création ?...
Il admet enfin que le minéral possède également un germe et une évolution qui lui sont propres, et il vient de se rappeler de surcroît, que plusieurs auteurs anciens s'accordent à penser qu'il détiendrait une forme de "feu interne assoupi" qui ne demanderait qu'à être réveillé. Mais, ces derniers estiment malheureusement que cette nature qu'il admire depuis peu est impuissante à y poursuivre le processus de cette évolution qui est pourtant sa caractéristique.
En réfléchissant à ces deux paramètres, une lueur éclipse brusquement le doute. Il parvient à se situer : Il vient enfin de comprendre que c'est là précisément qu'intervient l'Alchimiste. Prendre le relais de la Terre et lui venir en aide en accélérant le processus interrompu !... Pour ce faire, un dernier pas lui confirmera que la source de cette énergie cristallisée au sein de certains éléments du règne minéral est l'acteur prépondérant de la sainte science. Le "mercure des philosophes" malgré son impalpabilité commence à se corporifier dans son esprit...
Il va enfin pouvoir envisager le passage à l’opératif.


Sans en être conscient, il a au fil du temps, réalisé sa propre alchimie intérieure…


Ainsi, avant de cafouiller ses premiers pas au laboratoire, il a longuement médité (oratoire), étape indispensable…

L’homme n’a apparemment rien trouvé de mieux pour assimiler les lois de la nature et, au passage, se mettre en harmonie avec Celui dont l’aide lui sera tellement précieuse …

Ses précurseurs ont toujours su qu'ils ne devaient considérer dans leur ouvrage qu'une seule matière première (signifiant en réalité que rien d'étranger à sa nature ne doit lui être ajouté). Mais l'eau que l'on mélange à la farine ainsi que le levain ne lui sont pas non plus étrangers, ni contraires à sa nature. Et un seul feu (autre axiome) nous interpellant afin de nous faire comprendre qu'il ne s'agit pas du feu issu des flammes…

Précieux renseignements !...
Les choix étant faits, peut-on essayer de résumer en quelques mots la réelle quête alchimique, hors de toute querelle de clocher ? En effet, il n'est plus de mise aujourd'hui de se réfugier – que l'on soit partisan ou détracteur – derrière une façade de faux fuyants ou d'allusions déplacées. Car la réalité (physique) alchimique est nette, pratiquement sans ambiguïté : Si la science ne connaît à ce jour, que deux méthodes (destructrices) de transmutation de la matière, la fission et la fusion nucléaires, nous devrons admettre simplement qu'il en existe une troisième (non destructrice), ne faisant appel qu'à des moyens totalement différents et d'une telle simplicité de conception qu'ils ne peuvent être pris au sérieux. Les anciens les ont rassemblés sous des vocables tels que : Broyage, ou plus exactement pulvérisation…

Décomposition (c'est là que réside au départ sous la forme d'une sublimation philosophique, preuve de la connaissance du feu des sages, l’essentiel de l'art alchimique) à entendre comme une purification assez particulière qui permet l'extraction des éléments subtils et purs.
Reconstitution de la matière initiale "épurée", sans les déchets et impuretés attenants inhérents à sa conception dans le sein de la terre. Nouvelles décompositions, purifications, reconstitutions. Après plusieurs réitérations, la matière utilisée au départ peut présenter une apparence identique, mais elle n'est plus la même. Pour l'Adepte, elle est devenue Philosophale (la majuscule situant son état) et a acquis de nouvelles propriétés.

Nous savons donc que le maître d'œuvre (ou feu secret) sera présent du début à la fin de l'ouvrage et c'est lui seul qui permettra l'élaboration de la Pierre...

Précision aussi importante (puisqu'il lui transmettra ses propriétés si admirables), le mercure des philosophes inanalysable en éprouvette et pourtant acteur incontournable doit impérativement lui être incorporé. Nous touchons là au point capital et si énigmatique de l'alchimie : L'incorporation de l'Esprit céleste, cette "humidité" qui descend sur la Terre à une période précise et qui serait le ferment du développement de toute vie ici bas (quel que soit le règne), dont un sel aimant mystérieux est le réceptacle...
Mais, comme ce fut le cas par le passé, ces affirmations resteront sans doute "lettre morte". Pour l'esprit cartésien contemporain une telle simplicité (technologique) confine, nous le savons également, à l'élucubration !
Cependant, contrairement au scientifique, l'alchimiste n'éprouve nul besoin d'élaborer d'hypothèses, car il sait exactement ce qu'il recherche, après avoir étudié ‘‘alchimiquement’’ (et non chimiquement) l'alchimie...

Qu'ajouter de plus dans un cadre aussi restreint ? Sinon que la Pierre philosophale puissant catalyseur est capable de faire évoluer les atomes des constituants de la matière, sans modifier réellement le poids des éléments transmutés, et surtout… sans émission de neutrons ! ...

La réaction s’apparente à une épuration provoquée par un resserrement des molécules, qui les purge littéralement et modifie leur structure.
En effet, même la fameuse Quintessence alchimique utilisée sur le plan thérapeutique (à la condition expresse qu'elle soit issue de matières parfaitement pures), absolument pas élaborée pour le règne métallique (elle est liquide), purge pourtant elle aussi instantanément le mercure chauffé ou le plomb en fusion, en produisant un volume de scories a peu près équivalent au volume de métal restant lequel bénéficie ainsi, d'une étrange mais efficace épuration, bien qu’inappropriée !

Partant de cette réalité, il est facile d'imaginer les effets de la Pierre. Certes, si elle a été imbibée de la Quintessence (ou "teinture de l'or"), elle a d'autre part fait l'objet de manipulations complémentaires (Multiplications), avant d'être spécialement préparée pour sa destination finale.
 Mais, tout alchimiste qui se respecte (c'est évidemment le cas!) sait bien que contrairement à la croyance populaire, la transmutation métallique n'est pas le but recherché... Elle était avant tout à l’origine, un moyen de contrôler le pouvoir de la Pierre, même si elle permettait à l’occasion d’obtenir de l’or à ‘‘bon marché’’ !…
Antique Alchimie, science intemporelle qui nous élève à travers les âges et les espaces cosmiques à la connaissance des origines, et nous révèle l'Arbre de Vie...