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Hôtel Lallemant

L'Hôtel Lallemant édifié durant les premières années du XVIe siècle, dans un quartier alors très commerçant, à quelques pas de la place Gordaine, où se tenait un marché.
Comme ses illustres devanciers, le palais du duc Jean, la « Grant Maison » de Jacques Coeur et l'hôtel des échevins, l'Hôtel Lallemant est construit sur l'enceinte romaine de la ville de Bourges, ouvrage du IVe siècle, détourné de son usage depuis le XIIe siècle, et dont les particuliers fortunés pouvaient depuis cette date acheter des portions.

La famille Lallemant, d'origine germanique, comme l'indique son nom, fait commerce de drap.
Durant la seconde moitié du XVe siècle, ses membres occupent des offices au service du roi de France : Guillaume Lallemant fut receveur général de Normandie sous Louis XI et son fils Jean, seigneur de Cour intérieure.

Marmagne, lui succéda dans cette charge de 1481 jusqu'à sa mort en 1494. Ce dernier eut plusieurs enfants, dont deux fils également appelés Jean ; Jean l'aîné fut à son tour receveur général de Normandie de 1494 à 1517 et Jean le jeune receveur général de Languedoc jusqu'en 1535, puis de nouveau en 1545.Tous deux furent maires de Bourges, respectivement en 1500 et 1510.
Ces deux Jean eurent deux frères, Guillaume et Etienne, qui entrèrent dans les ordres, et une soeur qui épousa un marchand florentin de la famille Rucellai. Proches de l'entourage royal sous Charles VIII et Louis XII, les frères Lallemant Jean l'aîné et Jean le jeune étaient au contact de la civilisation italienne et des premières manifestations artistiques de la Renaissance en France.

Autour d'un premier terrain proche de la place Gordaine, propriété de Guillaume Lallemant dès 1445-1446, son fils Jean et ses petits-fils Jean l'aîné et Jean le jeune réunirent progressivement un vaste espace, que la présence du mur d'enceinte romain rendait pentu. Ils y édifièrent entre 1495 et 1500 un hôtel particulier, dont l'entrée se faisait depuis l'actuelle rue de l'Hôtel­ Lallemant, dans une cour bordée de bâtiment, tandis que des jardins s'étendaient à l'emplacement des fossés, vers la rue Bourbonnoux, d'où l'on accède aujourd'hui à la demeure.A la suite de l'entrée de Louis XII à Bourges en 1506 et sans doute avant 1513, le décor de l'Hôtel fut remanié, à l'intérieur comme à l'extérieur. L'hypothèse d'une participation du sculpteur italien Antoine Juste a été avancée.
Au XVIIe siècle, l'Hôtel Lallemant, passé aux mains de la famille Dorsanne, vit ses parties hautes modifiées : les façades furent abais­sées et surmontées d'un fronton courbe aux armes des possesseurs du moment, ainsi que d'un toit à deux pentes garni de lucarnes au décor classique.

Avant de devenir un musée, l'Hôtel Lallemant fut au XIXe siècle tenue par des religieuses, puis le siège des sociétés savantes de la ville.
Il fut porté dès 1840 sur la liste des Monuments historiques classés. Le conservateur des musées de Bourges y aménagea à partir de 1950 un musée consacré aux arts décoratifs, et permettant de présenter une partie des collections de pein­tures de la Ville de Bourges


L'Alchimie à BOURGES

"Jean Lallemant, alchimiste et chevalier de la Table Ronde, mérite de prendre place autour du saint Graal, d'y communier avec Geber (Magister magistrorum), avec sous-tourRoger Bacon (Doctor admirabilis).
Egal, pour l'étendue du savoir, au puissant Basile Valentin, au charitable Flamel, il leur est supérieur par l'expression de deux qualités, éminemment scientifiques et philosophiques, qu'il porta au plus haut degré de perfection: la modestie et la sincérité." Mystère des Cathédrales page 207, Fulcanelli, Edit° J.J. Pauvert.

"L'Hôtel Lallemant est mondialement connu pour être avant tout une demeure philosophale. Les nombreux symboles alchimiques extérieurs et le plafond à caissons de la chapelle nous le rappellent à chaque instant.


Fenêtres donnant sur la cour extérieure



La chapelle et son plafond à caissons

"Véritable bijou, ciselé et guilloché avec amour par d'admirables artistes, cette petite pièce en longueur, si nous en exceptons la fenêtre aux trois arcatures redentées conçues dans le style ogival, est à peine une chapelle. Toute l'ornementation est profane, tous les motifs qui la décorent sont empruntés à la science hermétique." Mystère des Cathédrales page 193, Fulcanelli, Edit° J.J. Pauvert.
On accède à la chapelle par cet escalier orné de plusieurs personnages. Remarquablement conservée, cette partie de l'édifice donne une idée de ce qu'a pu être cette demeure au temps de sa splendeur.


Avant de parler de ce magnifique plafond à caissons auquel cet hôtel doit en grande partie sa réputation alchimique, nous pouvons voir, au fond de cette petite chapelle et à droite d'un énorme coffre posé sous trois magnifiques vitraux, ce que Fulcanelli appelle une crédence qu'il date du XVIe siècle. Creusé dans le mur, ce petit ouvrage doit sa célébrité à l'énigme qui est gravée à l'intérieur.
Il n'est pas dans notre intention de reprendre la brillante démonstration de Fulcanelli quant à l'interprétation de cette énigme.

Aussi renvoyons-nous le lecteur au Mystère des Cathédrales, page 202 où l'auteur décrit et explique longuement cette symbolique qui a dérouté les visiteurs de l'Hôtel Lallemant à de nombreuses reprises.


Le plafond à caissons

Comme le dit Fulcanelli, il existe deux autres exemples de plafond à caissons : le plafond de la Salle des Gardes du Château de Plessis-Bourré et celui de la terrasse couverte du Château de Dampierre-sur-Boutonne. Ce dernier se rapproche étrangement de la sculpture, de la forme et du style de celui de l'Hôtel Lallemant.







La symbolique et les représentations humaines

Très nombreuses dans l'Hôtel Lallemant, elles couvrent les façades et les murs intérieurs. Nous en donnons ici quelques représentations photographiques.



Hôtel Lallemant - 6, Rue Bourbonnoux - 18000 BOURGES