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TRANSMUTATION OU DE L’AUGUSTE SECRET[1] © Chalybe - © Éditions de Massanne La quasi-totalité des chercheurs contestent d’emblée[2] que la Science sacrée des Anciens ou l’ALCHIMIE, a fortiori toute procédure de Transmutation métallique à faible énergie qui ne passe pas au tamis des dogmes de la Science moderne, puisse appartenir au domaine du RÉEL POSSIBLE. En l’occurrence, que nous puissions obtenir par nos Voies secrètes, à profusion si Dieu le permet et à partir de métaux communs purifiés et fermentés[3], en qualité comme en quantité de l’or ou le frère solaire que le Monde convoite assurément. Nous ne serions, à leurs yeux, que des escrocs, des affabulateurs puisque nous ne divulguons jamais un iota de nos ancestrales procédures ni n’en montrons toute l’efficacité publiquement, bien entendu devant eux. Qu’ils s’en tiennent donc à l’opinion générale qui vraisemblablement les arrange, ceci ne nous importune pas et ne changera rien ou ne portera pas le moindre ombrage à l’auguste Vérité que nous révélons à qui nous voulons et quand nous le voulons, par Miséricorde divine. Il nous apparaît utile de revenir sur quelques notions générales concernant la radioactivité naturelle qui démontreront, par ce biais, que notre Mère-Nature se charge déjà elle-même de fournir une insigne preuve de son potentiel transmutationnel et qu’elle n’a cure des limitations que d’aucuns lui assignent expressément, au Nom « d’intérêts supérieurs… » L’enseignement est, ici, analogique. N’oubliez pas que la Nature est notre guide. De même que nous ne pouvons pas la meurtrir, en toute impunité. Il faut savoir que les processus fondamentaux, intimes et générateurs, qui sont les acteurs de cette Magie naturelle[4] nécessitent pour leur part une échelle de temps qui est, en règle générale, sans commune mesure avec la nôtre. L’homme, entre la naissance et la mort, semblerait avoir une espérance vie comprise entre quatre-vingts et cent-cinquante ans à son maximum, du moins théoriquement aujourd’hui. À titre d’exemple, certains de nos frères animaux, en prenant les espèces où la longévité se montre importante comme l’éléphant et la tortue terrestre, vivraient entre cent-cinquante et deux cents ans. Le végétal, quant à lui, perdurerait vaillamment (selon la clémence ou la dureté du climat) entre mille et quatre mille ans (le chêne, le palmier, le baobab, etc.) Et le minéral, probablement plusieurs centaines de milliards d’années… Dans ces conditions, nous concevrons que les processus de transformation radioactifs propres à certains éléments ou isotopes, qu’ils soient naturels ou artificiels peuvent œuvrer aussi de la fentoseconde (10-15) à des dizaines de millions d’années : Carbone 14, Chlore 36, Cobalt 60, Iode 129, Polonium 210, Astate 217, Radon 222, Radium 224, Actinium 228 et les nombreux Transuraniens, en l’occurrence tous les éléments lourds et hyper lourds dont les noyaux sont fortement instables et fissiles à brève ou moyenne échéance. Voire sur plusieurs milliards d’années, pour satisfaire leur cycle d’involution respectif : Calcium 48, Bismuth 209, Thorium 232, Uranium 238, etc. C’est-à-dire jusqu’au terme assigné par la Nature naturante elle-même quant à la permanence de ses fruits. Il faut voir que l’évolution (la maturation) et l’involution (le vieillissement et la mort) des individus des espèces du règne minéral et métallique n’entrent donc pas, curieusement, en correspondance, au niveau temporel, avec celles des deux autres règnes, végétal et animal. Voici qui devrait déjà interpeller et amener à réfléchir. Pourquoi une telle césure ? Que cache-t-elle en particulier ? Qu’en est-il, en réalité, de la nature et de la fonction de ce Règne, tout à fait hors norme ? Quelle est sa destinée ou sa finalité ? Supplémentairement, qu’est-ce donc que la radioactivité ? Un peu d’histoire associé à un soupçon de science moderne. Il y a plus d’un siècle, en 1900, Becquerel, à la suite de la découverte des rayons X par Rœntgen en 1895, remarqua que les sels d’Uranium émettaient un rayonnement de nature inconnue. Rutherford soumit plus tard une feuille d’Aluminium au Polonium (rayonnement Alpha), et constata une émission de protons et la formation de Silicium : 2713Al14 + 42He2 => 3014Si16 + 1 proton [11p] Il fut ainsi le premier scientifique qui réussit à observer une Transmutation naturelle provoquée. Joliot-Curierayonnement Bêta+) en Silicium par émission d’un positron : renouvela l’expérience. Bombardée quelques minutes, il remarqua que l’activité, constituée de positrons, décrut de moitié en trois minutes. Un nouveau radioélément artificiel, isotope du Phosphore, fut produit avec formation simultanée de neutrons. Il traita l’Aluminium par l’acide chlorhydrique et constata un dégagement gazeux de phosphure d’hydrogène radioactif. Très instable, il se désintégra ( 3015P15 + 1 neutron [10n] ; 3015P15 instable => 3014Si16 + e+ Il fut convenu plus tard que ce rayonnement inconnu se manifestait sous trois types principaux de radiation :
Par bombardement protonique (cyclotron), le Carbone produisit du radio-Azote. Par les deutérons, le Bore donna du radio-Carbone avec émission d’un neutron, lequel se désintégra en isotope du Bore avec émission d’un positron et de rayons gamma : 105B5 + 21H1 => 116C5 + 10n ; 116C5 => 115B6 + e+ + γ Ensuite qu’un élément lourd comme le Thorium, soumis à un bombardement intensif de particules (photons ou rayons gamma, protons, deutérons ou neutrons), se transmutait assez facilement en Uranium et en Protactinium fissiles : 23290Th142 + 10n + émission γ => 23390Th143, émission β- => 23392U141, isobare du Th + 2 e- et 23391Pa142 + e- Ce rayonnement ou cette énergie, dit radioactif, émis continuellement par certains éléments, est dû à la désintégration naturelle de leur noyau atomique. Il faut savoir que ce processus de transformation spontanée ou Transmutation d’un élément en un autre s’engendre à cause de deux raisons principales :
Nous pouvons donc dire, pour schématiser, que ce qui caractérise la radioactivité d’un élément est l’instabilité à laquelle est confronté son noyau atomique et le moyen, dissipateur d’énergie, qu’il met en œuvre pour la contrecarrer en transmutant. Globalement, il y a émission (ou perte) d’une particule soit Alpha, soit Bêta. La première sorte, Alpha, induit une perte de masse de l’élément équivalant à celle d’un atome d’Hélium (deux protons couplés à deux neutrons ou 42H2) Son nombre atomique diminue donc de 2 : c’est-à-dire une expulsion des deux charges positives ou protons. Il se retrouve deux rangs à gauche sur la Table périodique de Mendéléiev et perd quatre unités en masse atomique. Tandis que la seconde sorte, Bêta par émission électronique, induit une perte beaucoup plus faible, comparable à celle de la masse d’un électron (9,109.10-31Kg ou 510,998 keV.c-2), soit 1/1836 celle du proton. Il se retrouve un rang à droite et sa masse atomique n’est que très légèrement modifiée. Exemple de chaîne[5] de désintégration avec l’Uranium U 238 naturel ou 23892U146 (famille Uranium => Radium => Polonium) :
D’où, conventionnellement et à titre d’exemple, l’équation type de transformation radioactive du Radium en Radon : 22688Ra138 => 22286Rn136 + 42He2 Il en est de même à partir de l’Uranium 235 naturel (23592U143), famille Uranium => Actinium, qui achèvera sa chaîne de désintégration au Plomb 207 (20782Po125), de même stable et non radioactif. Aussi du Thorium 232 (23290Th142) qui achèvera également son processus de désintégration en plomb 208 (20882Po126). Pour le Neptunium 237 (23793Np144), la chaîne artificielle s’interrompt au Thallium 205 (20581Ta124), également stable et non radioactif. Il y a donc, en fonction d’une période propre (demi-vie ou temps au bout duquel la moitié de la masse s’est désintégrée par émission radioactive naturelle), un passage ou Transmutation d’un élément ou d’un isotope radioactif à un autre, de propre période également. Il faut savoir que pour le Radium 226, elle correspond à environ 1 600 années. Pour l’Aluminium 26, à un million d’années. Pour l’Uranium 235, à 4 milliards d’années. Pour l’Uranium 238, à 4,5 milliards d’années. Pour le Thorium 232, à 13,9 milliards d’années. Et que le rapport ou la fraction, entre le nombre d’atomes désintégrés par seconde et la totalité des atomes d’un élément donné, reste constant. Du zéro quasi absolu aux plus hautes températures. Nous avons bien affaire à travers la radioactivité ou la chaîne de désintégration atomique naturelle, à un véritable processus transmutatoire réducteur qui conduit tout élément instable à transmuter en élément stable. À rebours, pouvons-nous dire, par rapport au Processus alchimique qui augure de la Genèse minérale comme de la Production de nos Œuvres, puisqu’il y a une perte de masse évidente et quasi constante – hormis les phases isobares - sous la forme de rayonnements principalement alpha, bêta et gamma influençant peu, à faible énergie. Cette énergie radioactive est néanmoins, toutes proportions gardées dans un rapport d’échelle, un million de fois plus grande que l’énergie libérée par une réaction chimique. PREMIÈRE CONSTATATION Voici l’essentiel à retenir, ce vers quoi tendent ces propos généraux. Le processus transmutatoire, généré par l’activité radioactive naturelle, s’opère à partir du noyau de l’élément et conduit son arrangement atomique initial et d’une manière invariable
Cependant, toujours d’une manière décroissante et jusqu’à ce que la source ou l’émission radioactive, qui aujourd’hui l’entretient, à savoir le phénomène naturelle de désintégration atomique due par son instabilité aura tari, lorsqu’elle aura atteint son terme dans un élément désormais stable et non radioactif. Lequel, notera-t-on, n’est jamais autre que notre SATURNE ou le PLOMB – et hormis la chaîne du Neptunium 237, pour être artificielle. Ainsi la possibilité de Nature dans le domaine de la transmutation métallique par voie radioactive, est clairement établie et reconnue depuis pratiquement un siècle par la Science officielle. La Nature ne saurait, cependant, par ses seules forces opérer efficacement, hors des chaînes de désintégration atomique soulignées supra, une transmutation. En l’occurrence celle du Plomb 207 ou du Mercure 200 déjà différencié, soit tout élément fini, stable et bien entendu non radioactif, en Or 197 ou en Argent 107 pur et stable.
SECONDE CONSTATATION Nous avons vu par divers exemples, que la Nature, cette fois-ci avec le secours de l’homme, transmute artificiellement un élément en un autre, selon le moyen ou le rayonnement utilisé.
L’homme se montre en mesure d’orienter le processus de transmutation ou de désintégration atomique de tout élément ou isotope, de l’alléger comme de l’alourdir par la faculté qu’il a d’user et d’orchestrer plusieurs types de réactions nucléaires, de rayonnements radioactifs. En l’occurrence par bombardement neutronique, de valider l’assertion des Anciens quant à la transplantation du Plomb 208 (20882Pb126) commun en Or 208 (20879Au129) instable, avec émission de neutrons et de rayons X. Procédé séducteur, au demeurant expérimental et parfaitement reproductible, qui n’a en contrepartie aucune chance de se voir commercialisé par le rapport de rentabilité négative sur investissements qu’il présente. Il en est autrement de la Transmutation d’éléments hautement radioactifs, par désir de puissance des États, lorsqu’il s’agit de la dilapidation des deniers publics pour la détention d’armes nucléaires fissiles ou de destruction massive (il serait question ce jour de détonateur en anti-matière.) Ainsi est-il fait une exploitation insensée des mines d’Uranium pour une production de Neptunium 237 enrichi à l’Uranium et de Plutonium 239 qui puisse répondre aux besoins grandissant des Armées modernes, toujours soucieuses d’armes ultra performantes, légères et à grand rayon d’action… Cette fois-ci la possibilité de Nature associée au génie (du bien comme du mal) humain a sauté d’un cran. Nous accordons, bien entendu, que les Anciens n’eurent pas à disposition une somme aujourd’hui colossale de connaissances scientifiques, autant théoriques que pratiques, quant à l’intimité de la Matière, la nature de l’atome, aux comportements de ses nucléides, aux interactions faible et forte, etc. Cependant, ils ont été les premiers à affirmer l’Unicité de la Matière – postulat incontesté désormais - après avoir évoqué l’Unique Agent spirituel par qui le Monde fut créé ou son Manœuvrier céleste et qui, sans discontinuité depuis l’Origine des Temps, l’entretient, le restaure. Au demeurant, une affirmation qui prête à la contestation générale voire au dénigrement pur et simple, c’est-à-dire « la force forte de toute force » d’Hermès, dénommée par eux Esprit universel ou Âme du Monde. Et d’une certaine mesure par projection, selon les Lois première et deuxième de Correspondance et d’interdépendance universelles, grâce à notre Prophète cité supra une « hérésie » supplémentaire ou la possibilité de Nature naturante de modifier une substance minérale ou métallique imparfaite en une autre de plus grande perfection, voire de plus que perfection : mais sur le Principe même de la Création seconde, à savoir à partir de ce seul ESPRIT DE MERCURE qui, mondifié, isolé et porté à sa dernière maturation, perfection, se métamorphose en SOUFRE FIXE. Autrement dit la production manifeste de la Médecine universelle ou de la Pierre philosophale si décriée, adaptable au trois règnes, génératrice de l’Aurum Potabile pour le règne animal comme du Levain solaire ou lunaire, pour nos frères les métaux. TROISIÈME CONSTATATION Nous voici donc à une frontière factuelle qui semble séparer voire disjoindre et rendre inconciliable à jamais la vision mécaniste et casuelle du Monde, en l’occurrence la Science mathématique axiomatique et théoricienne contemporaine qui s’attache à rendre intelligible[6] la Genèse du Monde, de celle qui est vivante et spirituelle ou de la Sagesse inductive et empirique des Anciens qui honorèrent et louèrent la Grandeur incompréhensible d’un DIEU en vertu des Miracles naturelles dont ils furent les acteurs et témoins. Cependant, sur quoi ces deux visions divergent-elles, ne s’accordent-elles pas en réalité, sinon sur l’Origine et la Nature même de l’objet de toutes leurs attentions, à savoir la LUMIÈRE ? Toute l’antinomie se résume donc à peu de chose, à savoir à la dichotomie, opérée au XVIIème siècle par la nouvelle science analytique des philosophes chimistes et toujours entretenue à ce jour, de son double aspect reconnu jadis, relevant du Phénomène (le Bas) et du Noumène (le Haut) tout à la fois, et qui représente, en définitive, les deux PÔLES nécessaires et indispensables ou COMPLÉMENTAIRES[7] d’une même CHOSE, d’un même AXE ALCHIMIQUE, VERBE AUTEUR ou PAROLE CRÉATRICE :
CONCLUSION C’est pourquoi nous affirmons que la Science, tant qu’elle demeurera cloisonnée dans ses doctrines matérialistes, aussi élaborées soient-elles, et limitée par ses méthodes et moyens, fussent-ils de plus en plus colossaux et en constante progression, autrement dit circonscrite par les lois du Plan physico-chimique ou contenue dans la seule Voie physique que d’aucuns proclament Alchimie rationnelle, laquelle ne conduit jamais qu’à octroyer un cadre réducteur dont elle n’a cure, ne parviendra jamais à la conception et à l’élaboration du FRUIT le plus merveilleux et le plus inédit que le Monde puisse voir naître, auquel, par des Voies indépendantes d’elle et qu’elle ignore, nous avons accédé. C’est la raison principale de sa contestation invariable quant à son EXISTENCE MÊME. QUI POTEST CAPERE, CAPIAT. Chalybe [1] Cet article est tiré de « Saturne, Nature et vertus du Père des Métaux. » Texte intégral à paraître ultérieurement dans la Revue : Chroniques du Pays réel des Sages. Éditions du Cosmogone, Lyon. [2] Nous avons surtout affaire à des scientifiques bien calés au fond de leur fauteuil qui poussent d’un revers de main tout dossier dérangeant à la poubelle. Ils ignorent bien souvent les Canons de notre Philosophie tout autant que ses Pratiques inhérentes dans le domaine de la Matière, dont ils se font les seuls chantres et défenseurs. Leurs ignorance et incompétence en ALCHIMIE, auxquelles s’associe une pointe d’orgueil mal placé, les conduisent à cette intransigeance caractérisée, au demeurant discriminatoire. [3] En outre, selon que l’on ait su opérer la due fermentation et la multiplication de notre Semence spirituelle ou Levain, soit solaire, soit lunaire. [4] La désintégration atomique de nos contemporains ; la réintégration ou la réincrudation, selon le langage symbolique des Anciens. [5] Quatre chaînes de désintégration reconnues : Uranium 235 naturel, Uranium 238 naturel, Thorium 232 naturel, Neptunium 237 artificiel. [6] À la soumettre étrangement à la seule rationalité. [7] Le Savoir profane et la Connaissance Sacrée pourrions-nous dire, l’une ne pouvant aller sans l’autre. [8] La Pierre Philosophale. [9] Le Mercure Philosophique et Hermaphrodite, c’est-à-dire la Médecine universelle avant toute adaptation. |