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Page 1 sur 7 Quand l’alchimie sent le soufre :chronologie des oppositions religieuses.Dès le XIIIè siècle, c’est-à-dire depuis l’enseignement d’Aristote dans les universités nouvellement créées, l’alchimie a eu maille à partir avec la religion. La scolastique, en dotant les théologiens d’un arsenal philosophique, leur permettra de réfuter les hérésies et les superstitions qui gangrenaient l’Église. Mais comment l’alchimie se retrouvera-t-elle en butte aux censures et aux condamnations, elle qui, contrairement à la magie, se proposait d’utiliser des moyens naturels d’investigation?1 Comme nous le verrons, c’est précisément du scepticisme de clergé envers cette assertion - que l’alchimie ne se servira pas de moyens surnaturels - qu’émanèrent la plupart des interdictions. Le but de cette courte étude sera donc de mettre en lumière une suite d’oppositions religieuses, allant des procédures censoriales aux décrets pontificaux, non quant à la possibilité de la transmutation des métaux et de la confection d’une médecine universelle, mais quant à la légalité même de la pratique du Grand Oeuvre. L’alchimie est-elle ou non illicite, sur des bases morales et canoniques? La chronologie s’est imposée comme méthode pour cette étude, afin de demeurer bref et de présenter les oppositions successives dans un certain contexte historique. De plus, en cherchant à circonscrire notre sujet, nous n’avons retenu que les oeuvres de religieux catholiques. Seront donc laissés à l’horizon de notre enquête : les oeuvres de la plume de théologiens réformés; les diverses oppositions laïques, même lorsqu’elles font usage d’arguments doctrinaux, tels les traités contre l’alchimie composés par des juristes des cours papales de Rome et d’Avignon; les Indices espagnols et vénitiens de livres interdits, afin d’exclure de la question tout empiétement possible avec les intérêts royaux ou de ceux de la république; ainsi que les apocryphes attribués à des théologiens orthodoxes (les pseudo-Lull, pseudo-Bacon, les écrits d’hermétisme attribués à Thomas d’Aquin et à Jean XXII, etc.) Considérons à présent ces oppositions et nous conclurons par quelques remarques. |